dimanche 28 juillet 2013

Troisième ouvrage en préparation

Un troisième ouvrage des anthologies éphémères est en préparation. Il s'appelle "La marguerite des possibles" et sera mis en vente très prochainement.

La boîte à rêves

Le deuxième recueil des anthologies éphémères a été vendu à 233 exemplaires et a permis la réalisation des rêves de deux enfants.

Mériem, 14 ans, a découvert en famille, la magie de Disneyland Paris.

Hugo, 7 ans, a découvert Paris et ses vitrines illuminées au moment de Noël.

L'atelier de Mijoty

Le premier recueil des anthologies éphémères s'est vendu à 213 exemplaires. Les bénéfices générés par ce recueil, ont permis de réaliser le rêve de Maguelone, 14 ans. Elle a pu assister au concert de Ringo Star le 2 Juillet 2011. 

samedi 27 juillet 2013

La fugue

Comme chaque soir, je rentrais chez moi après ma journée de travail. Devant l’entrée de mon bâtiment, je déverrouillai la porte, et montai les escaliers. Arrivée à la dernière marche qui menait au troisième étage, je m’arrêtai interloquée. Un homme blond avec la peau très claire était assis en tailleur devant ma porte. Il portait un costume trois pièces impeccable qui contrastait totalement avec la position dans laquelle il se trouvait.

Quand il me vit, il se leva et s’approcha de moi avec un grand sourire.

« Guten Abend, me dit-il. » Ce sont les deux seuls mots que je compris dans tout le charabia qu’il me déballa en suivant.

« Et, merde, un allemand, me dis-je. » J’avais bien appris l’allemand en seconde langue, mais cela remontait à plus de vingt ans et je n’en avais plus aucun souvenir. Il faut dire que j’avais eu beaucoup de difficultés avec cette langue, parce que la grammaire allemande était loin d’être facile avec les trois déterminants, et les genres quelques peu différents des genres français.

Comme il me dévisageait, je lui répondis par un « guten abend » à peu près correct.

« Je suis désolée, dis-je, je ne comprends pas un mot de votre langue. »

Et voilà qu'il repartit dans un charabia allemand complètement incompréhensible. Je me souvins soudain que beaucoup d’allemands parlaient très bien l’anglais, et j’étais plus en mesure de me débrouiller dans cette langue qu’en allemand.

« Stop, lui dis-je, tout à coup, I don’t speak German, but I speak English a little. »

A la tête qu’il faisait, je compris aussitôt qu’il ne parlait pas un mot d’anglais non plus. On était bien avancés ! Et nous sommes restés face à face durant plusieurs minutes à nous dévisager sans pouvoir nous comprendre. Puis, il prit un bout de papier dans sa poche, et commença à dessiner. Petit à petit, le dessin prit forme, il s’agissait d’un chat et je pensai aussitôt à mon Rouky.

« Mon chat, demandai-je, en me désignant du doigt ?
- Nein, meine katz.
- Votre chat ? Ben quoi, votre chat ? »

Cette fois, j’avais compris. Il me restait tout de même, un peu de souvenirs de mes cours d’allemand.

- Il est sur votre balcon, dit une voix qui venait de l’étage supérieur.

Une femme brune que je reconnus aussitôt, descendait les marches. C’était ma voisine du quatrième.

« Ce monsieur est un ami, me dit-elle, il ne parle pas un mot de français, il est allemand. Son chat a été effrayé par mon berger allemand, et s’est réfugié sur le balcon pour finalement sauter sur le votre. Nous voudrions simplement le récupérer.

- Oh ! Bien entendu, répondis-je aussitôt. »

Nous entrâmes dans mon appartement, j’ouvris la porte fenêtre qui menait au balcon, et un matou magnifique mais aux poils ébouriffés, bondit dans ma salle à manger. Son propriétaire dut ruser pour l’attraper, et repartit avec l’animal dans les bras.

« Merci beaucoup, dit ma voisine.
- Faites attention à votre chien, lui dis-je.
- Oh, ne vous inquiétez. Cette fois, nous l’avons enfermé. Bonne soirée, dit-elle enfin. »

Et elle sortit.

Les survivants de "La Méduse"

Le calme était revenu. L'océan et le ciel se confondaient dans une immensité noire. Du prestigieux voilier, il ne restait qu'un minuscule radeau sur lequel s'entassaient les corps meurtris des rares survivants du naufrage. Jamais ils n'oublieraient l'horreur qu'ils venaient de vivre.

Ils avaient côtoyé la souffrance, le sang, la mort. Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants avaient péri au sein d'une scène apocalyptique. Eux, avaient froid, ils étaient terrifiés, et pour certains, blessés. Ils avaient tout perdu : leurs biens, leurs époux et épouses, leurs enfants. L'incertitude quant à leur survie amplifiait encore leur désespoir. Seuls au milieu de nulle part, ils n'avaient rien à boire, rien à manger.

Combien d'heures, de jours devraient-ils attendre avant que l'on vienne leur porter secours ? Le canot de fortune ne résisterait pas une autre tempête et eux, ne survivraient pas plus de quelques jours sans eau ni victuailles.

Quelques heures plus tôt, les éléments s'étaient déchaînés, malmenant "La Méduse" et l'emportant dans les ténèbres. Seules quelques personnes avaient survécu. Mais pourraient-elles continuer à vivre après un tel cauchemar ?

Les jours passèrent. Ils n'étaient plus que deux à bord : un homme et une femme. Il avait perdu sa moitié et ses enfants dans la catastrophe. Elle était encore une toute jeune fille et aurait dû convoler une semaine plus tard. Mais son fiancé comptait parmi les victimes du drame.

Depuis ce jour noir, ils avaient fait connaissance. Ils s'étaient soutenus l'un l'autre. L'adversité les avait rapprochés. Cette tendresse mutuelle les avait maintenus en vie alors que les autres avaient succombé. Elle aimait son humour et sa gentillesse. Lui, accablé par la perte de sa famille, s'émouvait de sa fraîcheur et de son charme innocent.

Les secours ne se montraient pas. Le jeun forcé les faisait souffrir atrocement et ils étaient de plus en plus faibles. Elle ne voulait pas mourir avant d'avoir connu le plaisir de la chair. A la nuit tombée, il céda à ses avances. Ils utilisèrent le peu de forces qu'il leur restait et firent l'amour. Puis, afin de mettre fin à leur calvaire, ils roulèrent ensemble dans les flots.


Quelques minutes plus tard, le phare d'un navire transperça la nuit, mais il était trop tard.

Ce texte a été réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture du groupe Facebook "Amoureux de la plume" que j'anime 

dimanche 17 juin 2012

Des couleurs pour Mijoty




Etant plus habile avec un stylo qu'avec des crayons de couleurs ou un pinceau, j'ai proposé à Mijoty de l'habiller virtuellement, ensuite, si elle l'accepte, nous demanderons à quelqu'un de réaliser ces couleurs pour moi.

Mijoty, voyons, pourquoi vouloir rester incolore,
Tu serais tellement plus jolie
Et plus regardée aussi,
Si tu acceptais un peu de couleurs dans ta vie.

On pourrait mettre du rouge à ton chapeau,
Et transformer ton araignée en grelot doré
Qui amuserait les enfants.

Tes cheveux pourraient être couleur d'or
Et tes yeux d'un bleu profond.
Ton visage serait teinté d'un rose peau
Et tes lèvres de rouge.

Nous pourrions colorer ton tee-shirt en jaune
Et ton pantalon en vert.
Ainsi tu ressemblerais à un lutin de la forêt.

Quant au manche de ton balai
Nous pourrions lui donner les couleurs de l'arc-en-ciel
Et ses branches s'illumineraient de mille étincelles colorées.

Mais Mijoty a refusé, préférant rester transparente
Plutôt que d'amuser les enfants.


Article réalisé dans le cadre du jeu organisé par "La petite fabrique d'écriture" sur un dessin de Solyzaan.

Bastos, Tinette et Mirabelle

Des rires et des cris de joie fusaient dans le salon. On parlait fort et Bastos en avait plein les oreilles. C'était un bouledogue français. Il s'ennuyait et ne parvenait pas à dormir avec ces fous hurlants dans la maison.


- Ouaff, dit-il.

Ce qui, en langage de chien, veut dire : "Venez vous autres, on va se mettre au calme !". Et il se dirigea vers la cuisine suivi de près par Mirabelle, la belle chatte siamoise de la maison, et de Tinette, la chienne caniche des voisins, sous les yeux ébahis des deux pattes sans poils. Et oui, vous l'aurez compris, la maîtresse de maison, Caroline, avait invité ses voisins à prendre le café. Et ça riait dans la maison, et ça riait !

Une fois à l'abri des regards indiscrets, Bastos se frotta amoureusement contre Tinette qui s'écarta avec dégoût.

Pour éviter les "ouaff" et les "miaou", je retranscris directement en français ce qu'ils se dirent alors.

- Dis moi, Poulette, dit Bastos en regardant Tinette avec envie, tu viendrais pas faire un tour avec moi dans ma niche ?

- Oh ! Mais c'est dégoutant, dit celle-ci ! Voyez comme je suis présentable ! Vous croyez que je vais faire des galipettes avec un bouledogue baveux et qui se roule dans la boue ?

- Oh toi, la bêcheuse ! Ma maîtresse, elle, elle est pas si farouche !

- Comment ça, risqua la caniche ?

- Ben oui, reprit Mirabelle. notre maîtresse, elle ramène chaque soir un deux pattes différent. Et on l'entend gémir et crier depuis le salon. Des fois, ça dure toute la nuit.

- Oh ! Mais c'est la maison de la débauche ici ! Mes maîtres, eux, ils sont très discrets et ils ne dorment jamais l'un sans l'autre, dit Tinette.

Tout à coup, le ton monta dans le salon. A la place des cris de joie, on entendait des cris de fureur, une porte claqua, puis plus un bruit. Bastos, Tinette et Mirabelle se dirigèrent vers le salon et découvrirent ébahis, la maîtresse de maison qui embrassait le voisin.

- Oh pis, après tout, dit Tinette, pourquoi se priver ?

Elle regarda Bastos comme s'il était un plateau de friandises.

- Dis moi le bouledogue, ta proposition tient toujours ?

- Et comment, répliqua celui-ci ! Viens ! Suis moi !

Et ils partirent tous deux en direction de la niche. Bastos haletait comme un fou, de la bave dégoulinait de ses babines mais Tinette s'en foutait !

Texte réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture par mail : "Poudreurs d'Escampette".